Lamy.
29
nous ont rendu plainte contre le particulier arrêté et contre cinq autres por­tant épée qui fe font enfuis, et nous ont dit que, revenant de leurs jeux pour rentrer chez eux, ils ont été infultés d'abord par le particulier arrêté, qui a donné un coup de canne à ladite femme Lamy, et enfuite par cinq particuliers portant épée ; que ces cinq particuliers ont tiré l'épée contre ledit Lamy, qui a été un peu bleffé au poignet droit, et auroit couru rifque d'être dangereu-fement bleffé s'il ne fe fût pas enfui promptement dans l'allée de fon frère ; que ledit particulier arrêté a pourfuivi ladite femme Lamy, lui a donné un fécond coup de canne qui lui a fait fur le front la boffe que nous lui voyons. Laquelle préfente plainte ils certifient et affirment être véritable.
Signé : Perein ; Lamy.
Et avons enfuite fait comparoir par-devant nous le particulier arrêté, le­quel nous a dit fe nommer Pierre Bonnard, âgé de 18 ans, commiffionnaire pour les bouchers, demeurant rue St-Martin, chez le fleur Famin, épicier; qu'il ne connoit pas les perfonnes qui portoient épée ; que ces perfonnes ont voulu lui donner des coups d'épée qu'il a parés avec la canne que nous lui repréfentons ; que s'il a frappé avec ladite canne la femme préfente, c'eft que fe trouvant attaqué il a frappé à tort et à travers, etc.-, etc.
Sur quoi, etc., et attendu les voies de fait dudit Bonnard, avons ordonné qu'il fera conduit ès prifons du Grand-Chà telet.
Signé : Coquelin.
{Archiva att Comm.t -957-)
II
L'an 1772, le famedi 22 août, cinq heures après midi, en l'hôtel et par­devant nous, Antoine-Joachim Thiot, etc., eft comparu Jeanne Diot, fille mineure de vingt ans, blanchiffeufe de dentelles, demeurant rue de Bour­gogne, faubourg St-Germain, paroiffe St-Sulpice, chez le fleur fon père, co­médien : Laquelle nous a rendu plainte contre le fleur Jean-Pierre Lamy, entrepreneur de fpectacles à la foire St-Ovide, demeurant vieille rue du Tem­ple, près l'Egout, chez la demoifelle Joly, et dit qu'il y a environ trois ans et demi elle afaitla connoiffancedudit fleur Lamy, quilui témoigna avoir beaucoup d'inclination pour elle ; que la plaignante, fenfible à l'amitié qu'il lui témoi­gnoit, confentit à faire différens voyages avec lui à l'effet de jouer la comédie, efpérant, fuivantles promeffes que ledit fleur Lamy lui-avoit fouvent faites et réitérées pour la déterminer à prendre ce parti, que dès qu'ils auroient épargné quelque chofe des gains qu'ils feroient dans cet état, ils s'épou-feroient. Que la plaignante confentit même à fe dire et donner dans le pu­blic pour la femme dudit Lamy, qui, de fon côté, fe donnoit jour fon mari.